Ibéris, le fruit de l’amour

Couverture d Iberis, le fruit de l amour

Un roman. Plusieurs histoires s’y entremêlent et suivent des personnages énigmatiques au fil d’une quête, jusqu’à des retournements que le lecteur n’attendait pas. Sous la fiction, la même question que dans mes essais : vers quoi va notre amour, et pourquoi ?

Ibéris, le fruit de l’amour
Idris de Vos — roman.
Éditions Victor Le Brun, 2019 — 14 €.

Extrait

Au fond, se dit-elle, rien ne nous met en mouvement, si ce n’est des objets d’amour. Mais comment concilier, ou hiérarchiser tous ces objets d’amour ? Et comment trouver la force de donner priorité à ceux que l’on considère comme les plus nobles ? Les objets d’amour les plus vils nous causent parfois une si grande souffrance qu’il est difficile de ne pas y succomber par des voies immorales.

Et Dieu dans tout ça ? Lui qui est censé être l’objet d’amour ultime : l’objet au-dessus des objets. On tend vers Lui avec si peu de force. On trahirait son amour pour un gâteau ! L’attraction du gâteau s’exerce avec plus de force que celle de Dieu ! Peut-être est-Il plus lointain ? Mais ne dit-on pas qu’Il est très proche ?

Que choisir : Dieu ou le gâteau ? Je pourrais donner cette pièce à un pauvre et me passer de gâteau. Pour le moment, j’ai faim. Mangeons ce gâteau… Mon Dieu, si je me rappelle de Toi dans le goût du gâteau, peut-être sauverais-je une part du devoir d’amour que j’ai envers Toi.

Le raisonnement se poursuit, et se mord la queue avec application : faut-il se laisser mourir pour contenter Dieu ? Non, car si tous ceux qui L’aiment se laissaient mourir de faim, il ne resterait personne pour L’aimer, ni pour transmettre Sa parole. « Voilà donc qui légitime un bon gâteau. » Puis le doute revient, et le cercle recommence — vertueux, à condition de ne jamais cesser de se poser la question.

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